La vie de château de François de Rugy financée avec de l'argent public

Médiapart révèle que l'ancien président de l'assemblée nationale François de Rugy utilisait de l'argent public pour organiser des diners fastueux et pour refaire son appartement.

En pleine période de disette budgétaire, l'information passe mal. Le site d'information Mediapart révèle, mercredi 10 juillet que François de Rugy a utilisé de l'argent public pour financer une dizaine de dîners, entre 2017 et 2018, sans aucun lien apparent avec ses fonctions.

Sur la table des salons de l'hôtel de Lassay, résidence de la présidence, ont été servis des homards géants, du champagne, et des grand crus classés de la cave de l'Assemblée tels que du Château Cheval Blanc 2001, estimé à 550 euros la bouteille, ou encore du Château d'Yquem 1999, estimé à 265 euros. Ces diners rassemblaient entre dix et trente personnes, dont la plupart étaient des amis du couple, comme l'éditorialiste Jean-Michel Apathie, dont la femme est une amie de Séverine de Rugy.

Pas de quoi s'affoler pour le ministre qui dit "assumer" sans pour autant confirmer le caractère personnel de ces diners : "J'ai toujours assumé ce que je faisais. Il n'y a pas eu de dîners entre amis qui auraient été organisés sous ma présidence à l'hôtel de Lassay qui auraient été financés par l'Assemblée nationale.""Ces dîners me permettaient de rester connecté à la vraie vie"déclare l'intéressé sur France Inter

Des travaux pour plus de 60 000 euros dans son appartement de fonction 

Mais ce n'est pas tout. Mediapart révèle également que François de Rugy et sa femme ont effectué des travaux à hauteur de 63 000 euros dans leur appartement de fonction, situé dans le VIIème arrondissement de Paris, dans l'hôtel de Roquemaure. Parmi ces 63000 euros, 17000 euros ont été consacré à la conception d'un dressing - qu'on imagine luxueux - et le reste a servi à refaire la peinture, les moquettes et les salles de bain. 

Là encore, François de Rugy se défend et publie sur twitter l'intégralité de ses dépenses pour l'appartement et pour les dîners. "Face aux attaques contre moi, une seule défense : les faits en toute transparence. Je publie donc ce soir toutes les réponses apportées à Mediapart, sur les dîners à l'Assemblée, et des travaux de rénovation de mon appartement de fonction au ministère." 

De son côté, Nicolas Hulot, prédécesseur de de François de Rugy, et donc ancien locataire de l'appartement, déclare qu'il était "nickel et surdimensionné mais triste". Comme le témoignent les photos dévoilées par Mediapart, l'appartement semblait en effet ne pas avoir de réels besoins de rénovation. 

La directrice de cabinet du ministre poussée vers la sortie  

Pour couronner le tout, de nouvelles révélations de Mediapart affirment que Nicole Klein, directrice de cabinet de François de Rugy en poste depuis octobre 2018, haut fonctionnaire, mais aussi ancienne préfète, occupe depuis 2001 un logement social (HLM) à Paris. Pire encore, elle aurait continué à le posséder entre 2006 et 2018 alors qu'elle n'y vivait pas, étant en poste dans d'autres régions éloignées de la capitale. 

Face à cette nouvelle polémique, la directrice de cabinet a fourni plusieurs versions pour se justifier. D'abord plaidant un "manque de temps" pour clarifier sa situation, elle a ensuite déclaré que ses enfants avaient habité le logement parisien, avant de finir par revenir sur ses propos, en affirmant qu'elle effectuait de nombreux allers-retours entre Paris et la province, et qu'elle occupait donc ce logement lors de ses week-end parisiens.

Or comme le rappelle Mediapart, un logement HLM n'est disponible à la location que s'il s'agit d'un logement principal. "C'était ma résidence principale et mon domicile fiscal" a rétorqué Nicole Klein. Si l'on ajoute à cela le salaire présumé de la directrice de cabinet - autour de 9200 euros mensuels -  on peut réellement se poser des questions quant à l'attribution de ce HLM à l'ancienne préfète. De son côté, le bailleur social en charge de la remise de l'appartement n'a pas souhaité s'exprimer.  

Une exemplarité remise en cause

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Tel est pris qui croyait prendre. En 2017, lors de la tempête médiatique qui avait secoué François Fillon, alors candidat à l'élection présidentielle, François de Rugy avait profité de la situation pour enfoncer l'ancien premier ministre. Sur twitter, il avait notamment posté les fiches de paie de ses attachés parlementaires, en clamant haut et fort l'exemplarité dont il fallait faire preuve pour exercer des fonctions ministérielles ou présidentielles. Un comble pour le ministre de la Transition Écologique, qui peinera sûrement à se sortir de ses travers, bon nombre de personnalités politiques et de citoyens français ayant déjà appelé à sa démission. 

 

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