Cannabis : un seul joint suffit-il pour affecter votre conduite ?

Pour la première fois des scientifiques français ont analysé les effets du cannabis sur la conduite. Réalisée en "conditions réelles", l’étude montre notamment que que la consommation d’herbe a notamment un impact réel sur le temps de réaction...

Pour la science et rien que pour la science, trente personnes ont fumé de l’herbe, fournie par la police. Ce type de recherches en "conditions réelles" est rarissime. D’habitude ce sont des sprays ou des décoctions qui sont utilisés, mais "là, on montre réellement ce qui se passe dans la vraie vie, avec du cannabis fumé, ce qui est important du point de vue médical," explique à l’AFP l’un des auteurs de l’étude, Jean-Claude Alvarez, spécialiste de pharmacologie et toxicologie à l’Inserm.

Des cobayes rémunérés pour fumer

Sur les trente cobayes choisis, tous étaient consommateurs. La moitié était des fumeurs occasionnels et l’autre des fumeurs réguliers. Âgés de 20 à 34 ans, ils ont été rémunérés et recrutés dans des facs de médecine et de droit. L’expérience s’est déroulée durant trois sessions de 26 heures.

Les joints étaient soigneusement préparés : de l'herbe "de qualité" était mélangée à un gramme de tabac, "pour obtenir des joints contenant 10 et 30 milligrammes de THC, principe actif du cannabis," explique l’AFP. Pour tromper les cobayes, certains joints étaient placebos et ne contenaient que du chanvre sans THC.

Allongement du temps de réaction de 17 à 20%

Mais si le cannabis était vrai, la conduite sur route, elle, ne l’était heureusement pas ! Après avoir fumé, les 30 personnes passaient derrière "un simulateur de conduite qui reproduisait la circulation sur une autoroute, avec des rafales de vent déviant les trajectoires," décrit Science et Avenir.

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Sans surprise, les résultats montrent bien que la consommation de cannabis entraîne une augmentation rapide du THC dans le sang, ce qui allonge de 17% à 20% le temps de réaction. Chez les fumeurs du dimanche, l’effet dure plus longtemps, environ treize heures, contre huit heures chez les fumeurs réguliers. Ces derniers, qui fument au moins un ou deux joints par jour auraient une "tolérance plus grande."

Ces résultats n'étaient qu'un début, un second volet de l’étude doit être publié prochainement. Il portera sur des tests salivaires utilisés par les forces de l'ordre dans les contrôles routiers.

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