Immeubles effondrés à Marseille : comment sont surveillées les habitations à risque ?

Le drame de l'effondrement de deux immeubles à Marseille a soulevé le problème de la surveillance des logements insalubres ou en péril.

L'effondrement de deux immeubles à Marseille le 5 novembre dernier a fait, pour le moment, cinq victimes. Un bilan qui aurait pu être plus important encore si certains des habitants n'avaient pas quitté d'eux-mêmes leurs locations peu avant le drame.

Comment prévenir ce genre de tragédie ? Cela est très compliqué dans la mesure où il n'existe aucune base de données nationale sur les logements en péril ou insalubres. "D'abord, il n'existe pas d'indicateurs statistiques sur les immeubles à risque, on ne peut donc pas faire de surveillance à distance et régulière. C'est plutôt un travail de terrain et une surveillance disons par opportunité. C'est-à-dire non-permanente, plutôt en fonction des signalements par le voisinage ou des accidents", explique ainsi Jean-Claude Driant, professeur à l'École d'Urbanisme de Paris, au Parisien.

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Un casse-tête

Il ajoute, comme un regret : "Il y a parfois des opérations spéciales de surveillance sur certains quartiers, comme c'est le cas à Marseille, mais pour ceux qui sont en dehors de ces zones, les inspecteurs ne peuvent agir que si on leur met la puce à l'oreille [...] Après un signalement, ce sont généralement les services municipaux qui se déplacent, des agents en charge de l'inspection, outillés pour ça. Il existe des inspecteurs assermentés, fonctionnaires territoriaux, et des grilles d'évaluation assez normées, nationales, pour déterminer s'il s'agit d'une situation d'insalubrité ou de péril".

La suite ? Ce sont aux inspecteurs de décider si le bâtiment est en état d'insalubrité ou en péril. Si l'immeuble met en danger la sécurité des concitoyens, le maire décide en général de faire les travaux, sachant que s'il y a un souci, il en sera le responsable. Pour les cas d'insalubrité, c'est encore plus compliqué, comme l'explique l'expert : "Certains élus considèrent que cela relève du domaine privé et ferme les yeux. [...] Et parfois l'on découvre l’étendue des dégâts au changement de municipalité, quand le nouveau maire décide de ne plus fermer les yeux. Cet aveuglement existe".

Toujours dans ces cas d'insalubrité, il est difficile, dans certains cas, d'identifier les propriétaires, qui sont souvent ce que l'on appelle des "marchands de sommeil". Donc, un arrêté qui oblige les propriétaires à faire des travaux ne signifie pas que les travaux sont bien effectués. Un véritable casse-tête.

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