Rixe de Christophe Dettinger, les gendarmes agressés témoignent

Après la manifestation du samedi 5 janvier, l'agression de deux gendarmes par un ancien boxeur professionnel fait grand bruit dans l'hexagone. Alors que Christophe Dettinger, le boxeur en question, s'est exprimé sur son action via Facebook, au tour des gendarmes, victimes de ses coups, d'expliquer leur point de vue. 

"Il savait où il frappait et frappait à pleine puissance", les mots sont signés Cedric, gendarme mobile de 27 ans et que l'on peut voir, sur les images de la rixe, tenter de résister aux coups de Christophe Dettinger alors qu'il est à terre. La vidéo, d'une violence rarement vue à l'encontre des forces de l'ordre en France, a fait le tour des réseaux sociaux et, avant de se présenter à la gendarmerie pour suivre sa garde à vue, Christophe Dettinger a posté une vidéo sur facebook pour expliquer son geste, attisant l'émoi de beaucoup de citoyens français -qui sont même de plus en plus nombreux à le soutenir via une cagnotte en ligne-.

Oui mais voilà, les deux gendarmes agressés sur la passerelle Leopold-Sédar-Senghor, dans le 1er arrondissement de Paris, ont décidé de témoigner au micro de BFM TV pour expliquer ce qu'il s'est passé de leur point de vue. Et, bien entendu, ce n'est le même refrain : "Sur le pont, on avait pour but de maintenir les manifestants d'un côté du fleuve", raconte Cédric. "Ceux-ci ont voulu passer par ce pont, sans chercher à discuter, et au fur-et-à-mesure c'est monté en pression avec de multiples jets de projectiles: pierres, bombes agricoles, tout ce qu'ils pouvaient prendre."

"Frapper pour frapper"

Vient ensuite l'heure de l'agression, Cedric expliquant que Christophe Dettinger les aurait frappés par surprise, avec une force et une technique inouïe -normal pour un ex boxeur professionnel- : "Plusieurs centaines de personnes nous ont poussés, ça a forcé. Là, l'un des manifestants, le boxeur, est arrivé par derrière, m'a projeté au sol et à partir de là plusieurs manifestants m'ont roué de coups, parmi lesquels le boxeur, qui m'a mis au sol".

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Pour Cedric pas de doute, c'était "frapper pour frapper", voire "tuer si c'était possible". Le deuxième gendarme, Pierre, qui a essuyé plusieurs coups alors qu'il reculait sur la passerelle, sa peur principale était "de tomber dans la Seine". "Car avec l'équipement, on coule", raconte-t-il, encore sous le choc : "C’est lorsque ça commence à pousser dans notre dos que cet individu retrousse ses manches et avance vers moi. Là il donne des coups en visant bien mon visage (…) j’ai senti que c’était quelqu’un qui savait ce qu'il faisait parce que les coups étaient bien dirigés vers ma tête".

Pierre reprendra ses fonctions dès mardi et sera mobilisé ce samedi pour la prochaine journée de mobilisation -l'acte IX- des Gilets Jaunes. Quant à Christophe Dettinger, il poursuit actuellement sa garde à vue, alors que la fédération française de boxe s'est désolidarisée de son action.

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