Les fake news autour de la mobilisation du 17 novembre

Les fake news sont de plus en plus nombreuses sur la toile au sujet de la mobilisation du 17 novembre prochain. Retour sur les principales infos et intox autour de l’événement.

Le samedi 17 novembre prochain, un blocage des routes est prévu afin de contester la hausse des prix des carburants. Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se multiplient et de nombreuses fausses informations sont relayées. Voici un récapitulatif des points à éclaircir et à retenir : 

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Le gilet jaune sur le tableau de bord :

Le mardi 30 octobre, le site parodique Nordpresse partageait l’intox titrée : « Apologie du terrorisme : 150 euros d'amende pour un gilet jaune sur son tableau ». Certains internautes ont pensé que cette information était vraie, ce qui a suscité quelques vives inquiétudes. Par la suite, la gendarmerie de La Bassée, dans le Nord, a dû se montrer rassurante en déclarant sur Facebook : « Vous ne serez pas verbalisé, sauf en cas de gêne à la visibilité ». 

Le fait de placer son gilet jaune sur le tableau de bord n’est donc, s’il ne gêne pas la visibilité, pas préjudiciable d’une amende. En ce moment, si un automobiliste dispose un gilet jaune à cet endroit, il peut s’agir d’un signe de ralliement pour la mobilisation du 17 novembre prochain.

« L’usage de la force » lors de la manifestation autorisé par Emmanuel Macron ?

Dans un courrier daté du 2 novembre, partagé sur Facebook et adressée au « procureur de la République », on peut lire que le président de la République considère que « l’usage de la force si nécessaire n’est pas à mettre de côté ». Il demande également « de prendre toutes les mesures nécessaires afin que ces agitateurs ne puissent nuire au bon fonctionnement de notre République ». 

Relayé par le site Nordpresse, ainsi que sur des blogs d’automobilistes en colère selon franceinfo,ce document est lui aussi totalement faux. Les fautes d’orthographe et de grammaire peuvent en attester, au même titre que l’emblème erroné de l’Élysée. 

Qu’en est-il des menaces de sanctions du directeur de la gendarmerie ?

Sur une publication Facebook partagée plus de 35 000 fois, on découvre une capture d’écran BFMTV sur laquelle apparaît Richard Lizurey, directeur de la gendarmerie nationale. En bas de l’écran, on peut lire la citation suivante : « Les contrevenants sont prévenus ». Les peines encourues pour « entrave à la circulation » sont ensuite rappelées juste en dessous, laissant ainsi entendre que les manifestants du 17 novembre s’exposeront à des poursuites.

La police utilisée pour les bandeaux BFMTV n’est pas la bonne. De plus, comme le rappelle Libération, la capture d’écran du directeur de la gendarmerie nationale remonte au mois de mars 2018. Richard Lizurey avait alors été invité sur la chaîne d’information en continu pour s’exprimer sur la mort du gendarme Arnaud Beltrame.

Libération rappelle néanmoins qu’en cas d’entrave ou de gêne de la circulation sur « une voie ouverte à la circulation publique », un automobiliste est passible « de deux ans d’emprisonnement et de 4500 euros d’amende ».

La police appelle à participer à la manifestation du 17 novembre ?

Si la police nationale ne s’est pas impliquée, l’UPNI, une fédération de syndicats de policiers, a de son côté publié sur son blog un texte dans lequel elle écrit que « les policiers sont avant tout des citoyens et des automobilistes ». L’Union des Policiers Nationaux Indépendants appelle par ailleurs les gardiens de la paix à distribuer un flyer aux automobilistes le jour de la manifestation, sur lequel il est écrit : « Le 17, cadeau du 17 ». 20 Minutes rappelle cependant que les policiers n’ont pas le droit de distribuer des tracts pendant leur service.

« La censure » sur Facebook est-elle réelle ?

Sur le réseau social, des internautes ont crié à « la censure » de « Big Brother », assurant que des pages d’appel au blocage du 17 novembre auraient été supprimées. Quatre événements prévus à Toulouse (Haute-Garonne), Rodez (Aveyron) et La Rochelle (Charente-Maritime) auraient en effet disparu. Facebook France a cependant assuré à franceinfo ne pas être intervenu sur ces événements. Trois d’entre eux ont été annulés par l’un des administrateurs, tandis que le dernier a été supprimé via le profil de son créateur.

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